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Quand la rumeur nous contamine

Communication Relations interpersonnelles Civilité & Respect
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"J’ai entendu dire que"… "Il paraît que"… "Ça a l’air que"… Il n’est pas rare d’entendre ces petites phrases clé pour parler d’une personne, d’un groupe ou d’une organisation. Difficile de ne pas y porter attention, de ne pas questionner et de ne pas répéter ce qu’on entend. Dans cet élan, nous tombons toutefois dans le piège de la rumeur et nous participons alors à construire une histoire qui, en fait, a souvent très peu de lien avec la réalité.

 

La rumeur existe depuis toujours et il serait bien utopique d'envisager mettre fin à ce phénomène. On pourrait la comparer à un virus. La plupart du temps, on ne sait pas exactement d'où elle vient. Elle peut naître de fausses perceptions, de faits non fondés, du fruit de l'imagination, d'une curiosité malsaine, de l'anxiété et de l'incertitude, etc. On constate cependant qu'elle contamine rapidement les individus touchés par la rumeur et crée un climat malsain. Son développement est sournois. Elle se transforme au gré des interactions et prend la tournure que chacun veut bien lui donner selon les craintes qu'elle suscite, les intérêts qu'on peut en retirer et l'interprétation qu'on en fait. Son passage n'est pas sans conséquence. En plus de brouiller la réalité, elle peut porter atteinte à la dignité et à l'intégrité de quelqu'un, semer la confusion, susciter la panique et faire beaucoup d'autres dégâts. Lorsqu'on prend le temps de réfléchir aux conséquences que la rumeur peut créer, on s'aperçoit qu'elle est rarement positive et que nous serions tous gagnants à tenter de l'isoler pour éviter qu'elle se propage.

Lorsqu'une rumeur nous est rapportée, il est important d'être vigilant. Voici donc quelques stratégies visant à mettre un frein à sa propagation.


SE QUESTIONNER SUR SA VÉRACITÉ

Lorsqu'une information nous apparaît peu crédible ou qu'elle suscite des réactions, il est approprié d'en demander la source. Lorsqu'on arrive difficilement à connaître l'origine de l'information, on est très souvent devant une affirmation gratuite et non fondée. Il faut alors être très prudent avant de la répéter.


L'IGNORER ET NE PAS MANIFESTER D'INTÉRÊT

L'attention qu'on porte à la rumeur l'alimente. Rester indifférent en ne posant pas de questions et en ne réagissant pas devant le message véhiculé empêchera la rumeur de continuer à se propager. L'élan de la personne porteuse de rumeur sera ralenti, si elle n'a pas de public intéressant.


NE PAS LA RÉPÉTER

Lorsqu'on se fait prendre au piège et qu'on ne peut pas rester indifférent face à ce qu'on nous rapporte, on peut toutefois prendre le temps de réfléchir avant de répéter l'information. Un temps d'arrêt peut nous permettre de constater que ce qui est rapporté ne vaut pas la peine d'être répandu.


FAIRE LA PART DES CHOSES

Lorsqu'on est en présence d'une rumeur et qu'on possède des informations fiables à propos de ce qui est rapporté, il est important de dire ce qu'on en sait. En plus de rétablir les faits, cela met un frein à la contagion.


EN CONCLUSION

Que ce soit dans nos rapports personnels ou professionnels, il est important de garder en tête que la rumeur fait des ravages. Tenter de la reconnaître et essayer d'en contrôler l'étendue permet de prévenir les conséquences qui y sont associées. C'est notre responsabilité à tous de travailler à maintenir des contextes de vie sains et agréables.


France Boucher, psychologue

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