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Harcèlement au travail: quand les échanges ne sont plus au rendez-vous

Communication Relations interpersonnelles Civilité & Respect
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Dans un groupe de travail, il est normal de vivre un rythme alterné d’harmonie et de tensions. L’expression de mauvaise humeur ou de remarques peu aimables dans un moment d’énervement font partie du vécu de chacun. Ces réactions perdent de leur effet néfaste lorsqu’elles sont suivies d’un effort pour reprendre l’échange et apporter des nuances aux propos souvent échappés, dits rapidement sous le coup de l’émotion.

 

Ne sachant pas toujours comment revenir sur un événement désagréable, il arrive que l'on se détourne du malentendu. Cette position nous force à se tenir à distance et à espérer que le temps arrangera les choses. Mais lorsque la tension se maintient et que les sous-entendus sont de plus en plus nombreux, les points de vue se brouillent, l'intolérable s'installe et l'escalade verbale, « je suis attaqué(e), je me défends et j'attaque » prend le dessus.

Des conflits non résolus peuvent prendre différentes formes d'expression. L'une d'elles est particulièrement préoccupante et l'on semble avoir certaines difficultés à circonscrire le phénomène : le harcèlement au travail, qui soulève, à raison, de vives réactions. Ce type de manœuvre déstabilisante génère des comportements qui détruisent les échanges porteurs de dynamisme et de créativité.

Le harcèlement tisse de fausses relations interpersonnelles. L'individu, tout comme le groupe, en vient à perdre ses propres points de repères. Progressivement, le lien social s'assèche, la crainte de l'un et de l'autre domine. Le groupe se divise pour voir apparaître le chacun pour soi. L'ambiance du travail est à ce point envenimée que toute expression de comportements destructeurs peut se trouver banalisée. La peur devient envahissante, la recherche de solution directe est reportée à plus tard et les comportements conflictuels maintiennent la situation de crise.

Quand les échanges ne sont plus au rendez-vous, le « ce qui est bon entre nous » s'effiloche et le « il faut » devient obligatoire. La morosité fait apparaître juges et bourreaux, éteignant toutes tentatives d'éclaircissement des relations interpersonnelles. Les personnes coincées dans un système relationnel harcelant n'arrivent plus à prendre le recul nécessaire pour modifier les échanges improductifs.

Est-il possible d'aborder le harcèlement d'un point de vue différent et de l'imaginer comme un accident de parcours; de le regarder comme une remise en question de nos relations d'échanges et d'influences ? Puis-je imaginer des rencontres avec mes collègues de travail pour échanger nos points de vue sur le comment vivre ensemble et se garantir d'une « assurance-vie » satisfaisante sur l'importance du lien social et de ses contraintes inévitables ?

La richesse des relations interpersonnelles passe par le réajustement des besoins et des attentes souvent révélées par la résolution des conflits. On est tous appelés à réfléchir à la présence du harcèlement et à ses effets nocifs sur la qualité des relations interpersonnelles. Peut-être en viendrons-nous, ainsi, à mieux éclairer nos relations humaines pour que chacun d'entre-nous puisse trouver une place satisfaisante dans son milieu de travail.

 

Francine Laurin, M.A. Psychologue

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