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Mieux dépenser son argent pour être heureux !

Finance
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L’argent fait-il le bonheur ? Selon les résultats de recherches récentes sur le sujet, les personnes qui gagnent 55 000 $ par année ne sont pas deux fois plus heureuses que celles qui gagnent 25 000 $. De même, aux États-Unis, des études ont démontré que lorsqu’une personne a atteint le seuil de 75 000 $ de revenus par année, gagner plus d’argent n’a aucune influence sur le bonheur quotidien. Toutefois, il semble qu’il soit possible d’améliorer sa vie et d’être plus heureux en dépensant mieux son argent. Voici quelques pistes à explorer pour initier une réflexion sur le sujet.

 

Éviter de chercher à gagner toujours plus à n'importe quel prix

Avant de dépenser de l'argent, il vaut mieux en gagner. Mais gagner toujours plus d'argent ne signifie pas être de plus en plus heureux. Par exemple, une promotion ou un nouvel emploi plus prestigieux, c'est plus d'argent dans vos poches, mais avez-vous réellement besoin de ce surplus ? L'argent est-il votre motivation principale ? Que vous coûtera ce changement en termes de bonheur ou de satisfaction à vivre en tenant compte, par exemple, de vos nouveaux déplacements quotidiens, de vos horaires différents, de vos responsabilités accrues, de votre nouvelle définition de tâches, etc. Il appartient à chacun de se poser les bonnes questions et de faire ses calculs en tenant compte de tous les paramètres pertinents à sa situation propre.

Une fois l'argent gagné (parfois même avant), on songe à en dépenser au moins une partie. Mais comment le faire d'une manière optimale, en maximisant le « rendement au bonheur » de ses principales dépenses ? Autrement dit, comment dépenser son argent pour devenir de plus en plus heureux ? Quatre façons de faire sont ici proposées.

 

1. Acheter des expériences plutôt que des biens matériels

Il peut être tentant d'acheter l'objet le plus récent, le plus gros ou le plus coûteux, que ce soit une plus grande maison, le dernier gadget électronique ou la montre griffée. Mais le « rendement en bonheur » de telles dépenses est généralement très limité. Après le plaisir immédiat suivant l'acquisition, vous vous habituez vite et tenez le nouvel objet pour acquis. Puis, demain ou après-demain, vous découvrirez également que le nouveau voisin se fait construire une plus grande maison, qu'Apple vient de sortir un gadget encore plus sophistiqué ou que la griffe de votre montre n'a plus vraiment la cote.

Toutefois, c'est une tout autre dynamique quand vous achetez une expérience comme un voyage en famille, par exemple. Une semaine à Disney, deux semaines en Amérique centrale, ou trois semaines en Europe ou en Asie, et vous aurez un projet à bâtir avec d'autres, ainsi qu'une panoplie de nouvelles expériences à partager sur place et des souvenirs communs pour le reste de votre vie. Il peut aussi s'agir d'expériences encore plus simples : les meilleurs billets pour le spectacle de votre chanteur préféré, ou un souper spécial dans un grand restaurant avec un chef renommé.

 

2. Susciter la rareté

L'abondance peut être l'ennemi de la satisfaction. Que vous aimiez les voyages, les spectacles ou les grands restaurants, si votre plaisir diminue à chaque fois, c'est qu'il est temps d'opter pour la rareté volontaire. Le meilleur indice demeure l'anticipation.

Par exemple, si vous pouvez vous offrir le luxe de séjourner toutes les fins de semaine à la montagne, bien vite ce plaisir risque de devenir routinier et de perdre son caractère spécial. Or, si vous espacez la fréquence de vos escapades de fin de semaine à cet endroit, celles-ci retrouveront leur côté unique et excitant.

En bref, cesser de consommer un bien ou un service pour un certain moment permet de renouer avec le plaisir lié à l'anticipation de cette consommation, ce qui prolonge le plaisir.

 

3. Acheter du temps

« Je peux le faire moi-même, je vais économiser de l'argent », voilà le réflexe normal, même quand on n'a pas beaucoup de temps libre et qu'on déteste tondre le gazon ou repeindre une pièce de la maison durant la fin de semaine. Pourquoi ne pas plutôt embaucher un étudiant qui a besoin d'argent ou un ouvrier travaillant à temps partiel et qui cherche à augmenter un peu ses revenus ? Peut-être pourrez-vous enfin commencer à lire le roman qui vous fait de l'œil depuis des mois ou vous accorder le temps pour faire cette randonnée à laquelle vous songez depuis un moment, mais que vous n'avez jamais le temps de faire.

 

4. Dépenser pour d'autres : donner

Une fois plus détendu(e), moins tendu(e) vers la recherche de l'accumulation à tout prix, vous ressentirez peut-être le besoin de donner (de l'argent, du temps, du savoir) aux autres.

La clé, ici, pour augmenter son bonheur ou sa satisfaction, c'est toutefois de ne rien attendre en retour. Autrement dit, il s'agit de trouver une manière de donner avec laquelle on se sent à l'aise, mais sans attendre de résultats précis à court terme, en termes de reconnaissance ou autre. C'est ce qu'on appelle un geste gratuit, un signe parmi d'autres qu'on est déjà un peu sur le chemin de la sagesse.

 

En conclusion

Même si un bon nombre de publicités cherchent à nous faire croire que le bonheur passe par l'argent et par l'accumulation de biens, il est bon de se rappeler que le bonheur provient de multiples sources, lesquelles varient d'une personne à une autre. Pour certains il s'agira d'une vie simple, pour d'autres ce sera le sentiment d'être utile ou encore le sentiment de liberté et d'autonomie. Tout cela sans oublier qu'une variété de petites choses qui nous rendent heureux ne s'achètent tout simplement pas.

Si vous avez l'impression que votre rapport à l'argent nuit à votre bonheur et est davantage source de stress et de difficultés, n'hésitez pas à consulter via Mon Allié Santé : des professionnels sont là pour vous aider.

 

Marguerite Côté T.S. et psychothérapeute

Inspiré du livre de Elisabeth Dunn et Michael Norton, Happy Money : The Science of Smarter Spending, Simon & Schuster, 2013, ouvrage commenté par Bernard Mooney dans « Les Affaires », octobre 2013

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