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Suicide : votre adolescent est-il à risque ?

Capacité d'aimer la vie Adolescents
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Qui n’a jamais pensé ne serait-ce qu’un moment à mettre fin à ses jours après un conflit avec ses parents ? Après une déception amoureuse ? Un échec scolaire ? Une querelle ? Qu’est-ce qui peut bien pousser certains jeunes à se supprimer tandis que d’autres rejettent cette option et poursuivent leur chemin ? Comment aider ces jeunes qui sont en détresse ? Comment les parents peuvent-ils résoudre une crise comme celle-là ? S’agit-il d’un événement rare, spécifique aux adolescents qui ont un comportement asocial ?

 

Les jeunes qui se suicident ne veulent pas nécessairement mettre fin à leurs jours. Ils cherchent surtout à mettre un terme à leurs souffrances. Les adolescents croient souvent que la douleur est éternelle, que personne ne peut les aider et que le seul choix qui s'offre à eux est de vivre en souffrant terriblement ou d'en finir. Malheureusement, le suicide est une solution définitive à un problème passager. 

Nombreux sont les parents qui se sentent impuissants devant un adolescent suicidaire. Ils n'ont aucune idée de ce qu'il faut faire, de ce qu'il faut dire. Pourtant, le suicide est un acte qui retentit sur nous tous - qui met en cause toutes nos valeurs, toutes nos croyances ainsi que nos propres vies. Le suicide ne laisse personne indifférent parce qu'il touche à la vie et à la mort.

Le nombre de jeunes qui se suicident augmente d'année en année. En Amérique du Nord, le taux de suicide chez les 15 à 24 est la deuxième cause de décès, succédant aux accidents. Au Québec, deux suicidaires sur trois ont entre 16 et 19 ans.

Que faut-il faire ? Il faut avant tout briser les liens du silence qui entourent le suicide. Nous espérons que cet article donnera aux lecteurs matière à réflexion et à discussion et qu'il répondra aux questions que la plupart des gens se posent.

Facteurs de risque

Le suicide chez les jeunes n'est pas attribuable à une seule cause. Toutefois, un certain nombre de facteurs peuvent nous indiquer qu'un jeune est à risque. En voici quelques-uns:

  • des gestes suicidaires répétés;
  • une consommation abusive de drogue ou d'alcool;
  • une attitude dépressive, désespérée ou négative face à l'avenir;
  • une piètre opinion de soi-même;
  • de mauvais résultats ou des échecs scolaires;
  • une tendance excessive à la perfection;
  • la fin d'une aventure amoureuse;
  • le refus de socialiser ou l'isolement;
  • un événement traumatisant tels que le divorce des parents, le décès d'un proche etc.;
  • un doute sur son orientation sexuelle;
  • des problèmes familiaux tels que la violence, l'abus physique ou sexuel, des rapports chaotiques, des conflits entre parents, un parent alcoolique ou suicidaire.

Indices

Des études ont montré que huit suicidaires sur dix avaient, directement ou indirectement, fait part de leur intention de poser un tel geste. Le jeune qui pense sérieusement au suicide peut donner des indices ou des signaux tels que :

  • raconter souvent des blagues sur la mort ou le suicide;
  • augmenter sa consommation de drogue ou d'alcool ou passer à des drogues plus dures;
  • se préparer à la mort, par ex. : distribuer ses biens;
  • prendre de plus en plus de risques injustifiés;
  • changer de comportement à l'école soit en s'absentant des cours, en étant incapable de se concentrer;
  • être irritable ou agressif;
  • avoir des excès d'humeur;
  • avoir une fascination pour les vedettes qui idolâtrent la mort.

Écoutez attentivement et prenez au sérieux vos adolescents lorsqu'ils disent des choses comme : « je vais régler ce problème une fois pour toutes et arrêter de souffrir », « vous serez bientôt débarrassés de moi », « ça ne sert à rien de continuer ».

Pourquoi les adolescents sont-ils à risque ?

L'adolescence est une dure étape à traverser. C'est la période des questions difficiles : « Qu'est-ce que je vaux ? Quel sera mon avenir ? Est-ce que j'aurai du travail ? Quelles sont mes vraies valeurs ? ». En même temps, les adolescents remettent en question et semblent rejeter la plupart des valeurs et objectifs de leurs parents. Et, comme si cela n'était pas assez, tout leur être se transforme. Leur corps d'enfant évolue rapidement. Avec la maturité physique viennent l'appétence sexuelle et les interrogations du type « suis-je hétéro ou homosexuelle(le) ? » En plus, ils réalisent qu'ils doivent se prendre en main, ce qui peut être à la fois excitant et paniquant !

Les adolescents se retrouvent donc à un carrefour de leur existence. L'enfant s'efface pour céder la place à l'adulte. Ce passage donne lieu à des réactions contradictoires – espoir, honte, peur, excitation, colère - qui peuvent entraîner un sentiment d'insécurité, de vulnérabilité, d'incompétence ou un rempli sur soi-même.

Que faire ?

Dès qu'ils détectent un changement de comportement chez leur adolescent (isolement, perte d'intérêt pour leurs activités préférées, difficulté à dormir ou perte d'appétit, malaises physiques, absence de l'école, colères soudaines), les parents doivent inviter le jeune à parler; être réceptifs, prêter l'oreille, écouter avec respect.

Il faut montrer à l'adolescent que vous êtes intéressés et que vous voulez l'aider. Les parents sont des adultes importants dans la vie de leurs enfants et, à ce titre, sont en mesure de leur montrer que le suicide n'est pas la seule et unique façon de résoudre les problèmes de la vie.

En prévoyant des activités seul à seul avec elle ou lui, vous aurez l'occasion de discuter, de lui tendre la main.

Comment savoir si un jeune a l'intention de se suicider ?

En lui posant la question « est-ce que tu souffres au point de penser au suicide? ». Si la réponse est négative, vous pouvez continuer à lui parler de sa douleur. Si la réponse est positive, prenez une grande respiration, gardez votre sang froid et informez-vous davantage. « Qu'as-tu l'intention de faire ? As-tu pensé à comment ça se passerait ? »

L'important est de permettre à votre fille ou à votre fils d'exprimer ses émotions. « Qu'est-ce qui te préoccupe au point de vouloir mourir ? » Ensuite, il faut lui redonner espoir, lui proposer d'autres solutions et l'encourager à consulter un thérapeute. Soyez ouvert et franc. Montrez-lui à quel point vous êtes concernés et que vous l'aimez. Écoutez sans porter de jugement.

Et surtout, montrez-lui par des exemples que c'est normal d'être préoccupé par la vie et qu'en parler à un professionnel lui ferait du bien. Faites appel à Mon Allié Santé, à votre médecin de famille, au directeur ou au conseiller de l'école, au CLSC, aux lignes d'écoute, au centre de prévention du suicide ou à un très bon ami.

Ce qui compte pour les adolescents, c'est de se sentir aimés et de savoir que vous allez les écouter, qu'ils peuvent compter sur votre appui, quoi qu'il arrive.

Conclusion

Un adolescent suicidaire est un adolescent troublé qui vit des émotions qui le dépassent. Ce jeune a perdu la capacité de contrôler son angoisse et se sent, par conséquent, désorienté et impuissant. C'est ce désarroi que les parents doivent détecter et tenter de soulager.

En invitant l'adolescent à se confier, les parents expriment leur volonté de dialoguer, d'écouter sa douleur et d'accepter que la vie ne soit pas toujours rose. En fait, c'est en reconnaissant le déchirement que l'on permet à la joie de se manifester. En créant des liens honnêtes et francs avec les jeunes, nous leur donnons une lueur d'espoir.

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