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La procrastination

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La procrastination, c’est la tendance à tout remettre à plus tard, à reporter à la dernière minute ce que nous devons faire maintenant. Contrairement à ce que laissent croire certaines croyances populaires, ce n’est ni de la paresse, ni de la mauvaise volonté, mais plutôt une tentative de se protéger en évitant temporairement de ressentir certaines émotions désagréables telles l’anxiété ou l’ennui. En repoussant certaines tâches ou responsabilités, nous repoussons par le fait même les inconforts qui y sont associés. Lorsqu’il est peu fréquent, ce processus d’évitement engendre peu de conséquences négatives. Toutefois, la procrastination peut causer de fâcheuses répercussions lorsque nous y recourrons de façon systématique pour faire face à la majorité de nos responsabilités quotidiennes.

 

Les types de procrastinateurs

Il s'avère important de faire une distinction entre les procrastinateurs légers et les procrastinateurs sérieux.

À peu près tout le monde peut s'identifier comme procrastinateur léger. Il nous arrive tous, de temps à autre, de reporter une tâche ou une responsabilité sans toutefois accuser un retard ou accroître notre niveau de stress de façon significative. Lorsque nous sommes finalement dans l'obligation de faire ce que nous repoussons depuis un certain temps, nous finissons par le faire sans trop de culpabilité ni de remise en question. Une procrastination occasionnelle n'est pas inquiétante. Parfois, elle peut même être utile pour nous aider à prendre une distance face à une situation donnée et pouvoir y faire face plus adéquatement par la suite. Toutefois, il devient important de prévenir que cela s'étende à l'ensemble de nos sphères d'activités : maison, travail, relations interpersonnelles, finances, etc.

Le procrastinateur sérieux est celui qui a développé une véritable habitude à reporter au lendemain ce qu'il doit faire. La procrastination est devenue pour lui la principale solution pour gérer ses inconforts liés aux tâches à accomplir : peur de l'échec ou du succès, peur de commettre des erreurs, peur de prendre la mauvaise décision, etc. Ce recours fréquent à la procrastination peut entraîner plusieurs conséquences non souhaitées :

  • Des performances amoindries

Celui qui reporte à plus tard la réalisation d'une tâche de peur de ne pas bien la réussir risque de moins bien performer. Étant donné sa tendance à se mettre tardivement au travail, il n'a alors plus assez de temps devant lui pour atteindre une performance à la hauteur de ses attentes et de ses capacités.

  • Des retards répétés

La procrastination mène souvent à un non respect des délais fixés et aux conséquences qui s'en suivent : pénalités, diminution de la confiance en soi, etc.

  • Des répercussions négatives sur autrui

Un recours fréquent à la procrastination risque tôt ou tard de devenir une source de frustration ou de déception pour l'entourage professionnel et personnel.

  • Un malaise continu

La sensation d'être envahi par du stress, de la honte et de la culpabilité nous habite tant et aussi longtemps que la tâche ou la responsabilité reste en plan. Plus nous remettons à plus tard, plus la peur et la pression s'intensifient et entravent notre fonctionnement.

  • Un sentiment d'inefficacité

En vaquant à des occupations qui ne sont pas prioritaires, on en vient à avoir l'impression que les choses importantes n'avancent pas et qu'on n'arrive pas à atteindre les objectifs que l'on s'est fixés.


De quel type êtes-vous?

Pour vous aider à vous situer dans l'un ou l'autre des types de procrastinateur, répondez par « oui » ou « non » aux questions ci-dessous :

  1. J'arrive régulièrement en retard à mes rendez-vous.
  2. Je respecte rarement les échéances pour la remise de travaux, rapports, etc.
  3. Je passe souvent tout droit aux anniversaires de mes proches.
  4. Il m'arrive régulièrement d'attendre à la dernière minute pour remplir mes obligations.
  5. Plus on me demande d'aller vite, plus je ralentis. 
  6. En début de semaine, je me promets toujours, que cette fois-ci, je vais respecter mon plan de travail.
  7. Mes attentes sont tellement élevées que j'arrive difficilement à me mettre à la tâche.
  8. Je suis souvent déçu de ce que j'accomplis dans une journée.
  9. J'ai toujours de bonnes excuses pour ne pas faire ce que je n'ai pas envie de faire.
  10. Je suis souvent éparpillé lorsque je commence à accomplir une tâche.
  11. Mes retards chroniques sont source de conflit dans mes relations interpersonnelles.
  12. Je me retrouve souvent à repousser mes échéanciers.
  13. Il m'est souvent arrivé d'avoir à payer des intérêts pour des comptes en retard.
  14. J'hésite longtemps avant de prendre des rendez-vous importants.

Si vous avez répondu « oui » à 10 affirmations et plus, votre tendance à la procrastination est assez sérieuse.

*Tiré et adapté du Bulletin Vies-à-vies, Université de Montréal, Vol. 11, numéro 1, 1998. 

Si vous vous reconnaissez comme étant un procrastinateur sérieux, il peut vous être aidant de vous arrêter aux aspects suivants pour développer des stratégies plus satisfaisantes.


Pour mieux planifier et gérer votre temps

  • Dressez une liste des tâches à accomplir, identifiez vos priorités, puis commencez par les plus importantes.
  • Identifiez les périodes de la journée où vous êtes le plus efficace et celles où vous l'êtes moins. Planifiez vos activités en conséquence.
  • Avant de vous mettre à la tâche, clarifiez vos objectifs le plus possible et assurez-vous que vous avez toute l'information nécessaire pour rendre votre projet à terme.
  • Optez pour un environnement de travail propice à une bonne concentration. Moins les sources de distractions (bruit, désordre, etc.) sont nombreuses, moins les risques de procrastiner sont élevés.
  • Réservez-vous du temps pour les imprévus.

 

Pour maintenir votre motivation

  • Divisez la tâche en petits segments. Cela évite le découragement et aide à se mettre à la tâche.
  • Récompensez-vous à la fin d'un segment, en prenant une pause, par exemple.  
  • Si la tâche vous rebute, alternez-la avec une tâche plaisante.
  • Considérez l'aspect positif des choses. Une attitude négative favorise l'inertie et la procrastination.
  • Soyez attentif au dialogue que vous entretenez avec vous-même. Par exemple, lorsque vous commencez à vous dire que vous pourrez faire telle chose demain, arrêtez-vous. Dites-vous que plus vite vous aurez rempli vos obligations, plus vous vous sentirez libre de faire des activités de votre choix.

 

Pour avoir des attentes réalistes face à vous-même

  • Donnez-vous le droit à l'erreur. La perfection n'est pas humaine !
  • Questionnez-vous sur la nature des attentes que vous entretenez envers vous-même. Sont-elles réalistes en fonction de vos forces et limites, du temps et de l'énergie que vous avez et de l'aide dont vous disposez ?

Lorsque nos attentes sont réalistes, nous sommes plus confiants d'aller de l'avant et nous sommes moins portés à remettre à plus tard.

La liste des stratégies présentée ici n'est certes pas exhaustive. Elle constitue un bon point de départ pour vous aider à vous mettre en action et à doser votre procrastination. Au besoin, n'hésitez pas à consulter un professionnel de Mon Allié Santé qui saura vous guider dans la recherche de solutions constructives et adaptées à votre situation.

 

Stéphanie Métivier, psychologue

 

Référence sur la procrastination

EMMETT, Rita. Ces gens qui remettent tout à demain, Les Éditions de l'Homme, 2001.

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