Commentaires 0 Favoris 0

Formuler une critique constructive

Concilitation Enfants
Partager la ressource

La critique constructive est une occasion de communication pour arriver à une meilleure compréhension avec une autre personne, mettre les choses à jour et permettre une meilleure relation. Elle permet d’éviter l’accumulation de frustrations et les mauvaises interprétations qui peuvent découler des fausses perceptions et des non dits. Pour être efficace, la critique constructive doit toutefois respecter certaines règles et principes. Voyons les différents aspects à considérer.

COMMENT FORMULER UNE CRITIQUE CONSTRUCTIVE ?

La formulation d'une critique constructive suit certaines étapes :

  1. Se concentrer sur le Fait (situation problématique)
  2. Décrire la ou les Réactions que cela suscite (impressions, émotions, etc.)
  3. Ressortir les Conséquences engendrées (résultats de cette situation problématique)
  4. Faire connaître ses Attentes (le changement souhaité)

Exemple :

  • Lorsque tu vas voir le patron pour lui parler de nos difficultés (Fait)...
  • j'ai l'impression d'être trahi (Réaction)...
  • et cela augmente ma frustration (Conséquence)...
  • j'aimerais d'abord qu'on en discute ensemble (Attente).

 

LES POINTS À CONSIDÉRER

Il est important de porter attention aux éléments suivants afin d'éviter de tomber dans des pièges qui peuvent interférer avec la formulation d'une critique constructive.


1. BIEN PRÉCISER LES OBJECTIFS DE SA CRITIQUE

a) Quel message je souhaite transmettre ?

Pour que le message soit bien compris, il faut d'abord qu'il soit clair pour soi-même. Si on ne sait pas exactement ce qui est dérangeant, il vaut mieux le préciser avant d'en faire part à l'autre. Pour que la critique soit constructive, il faut qu'elle fasse référence à un fait précis et concret. Il faut aussi se limiter à ce fait et ne pas s'éparpiller dans toutes sortes d'histoires.

b) Qu'est-ce que je souhaite comme changement ?

Ici encore la précision est de rigueur. Se poser la question suivante peut aider à préciser ce qu'on souhaite : « qu'est-ce qui ferait réellement une différence ? », puis définir et établir les balises de ce que l'on souhaite.

c) Est-ce réaliste ?

Avant de proposer un changement, il est important d'évaluer si nos attentes sont réalistes ou non. Si on s'attend à un changement alors que le contexte ou les capacités de l'autre personne ne le permettent pas, il est certain que notre critique sera vouée à l'échec. Le questionnement sur le réalisme ou non d'une critique n'est pas de l'éviter mais plutôt de développer des attentes réalistes en ce qui concerne le changement à envisager.

 

2. PORTER UNE ATTENTION PARTICULIÈRE À L'ESTIME DE SOI DE LA PERSONNE

En général, les gens sont mal à l'aise face à une critique car ils craignent d'être attaqués personnellement. Il faut donc certaines précautions afin d'éviter que l'autre devienne défensif et que le message soit mal compris.

a) Éviter les qualificatifs et les commentaires désobligeants

Garder en tête de critiquer les faits et non l'individu lui-même. Ce n'est pas l'individu qui est problématique mais bien la situation comme telle. Rien ne sert non plus d'être cynique ou de faire des commentaires désobligeants. Ceci a pour but d'éviter que votre interlocuteur perde la face, car s'il se sent humilié, il y a peu de chance qu'il arrive à capter le message que vous essayez de lui transmettre. Il est donc primordial d'éviter tout propos qui pourrait amener de l'humiliation.

b) Éviter de donner comme message que vous avez raison et que l'autre a tort

La critique constructive est une occasion d'améliorer la situation. Plutôt que d'essayer de convaincre l'autre qu'il a tort, il faut plutôt mettre l'énergie sur ce que cela occasionne comme malaise ou problème.

 

3. CHOISIR LES BONS MOTS

Lors de la formulation d'une critique constructive, il est essentiel de porter une attention particulière aux mots utilisés. Par exemple, les mots « toujours » et « jamais » ont rarement du succès. Les mots « parfois », « souvent », « rarement » laissent beaucoup plus d'ouverture. L'important est d'utiliser de mots qui n'exagèrent pas ou ne minimisent pas la situation mais qui la définissent comme étant le plus près possible de la réalité.

 

4. CHOISIR LE BON LIEU

Le lieu choisi pour discuter s'avère également très important. La conversation doit se faire à l'abri des regards et des oreilles indiscrètes. En plus d'être respectueuse, cette précaution permet d'avoir une meilleure réceptivité de la part de la personne concernée.

 

5. IMPLIQUER L'AUTRE

Une des choses fondamentales dans la critique constructive est de laisser place au dialogue. Si l'autre est impliqué dans l'échange, il se sentira moins menacé et sera plus ouvert.

a) Mentionner pourquoi vous trouvez important de parler de la situation

Il est important de dire à la personne pourquoi vous considérez important qu'il n'y ait pas de problème ou de malaise entre vous et pourquoi vous prenez le temps pour mettre les choses au clair.

b) Demander à l'autre comment il perçoit la situation

Une autre façon d'impliquer votre interlocuteur est de lui demander son point de vue sur la situation. Cela permet de voir vos différences et permet aussi à l'autre d'exprimer son point de vue. Il sera beaucoup plus ouvert à faire des changements s'il se sent écouté que si vous ne tenez absolument pas compte de sa façon de voir les choses.

c) Parler des avantages que chacun retirerait à changer cette situation

Cela démontre que vous avez également pensé à l'autre et qu'un changement peut être profitable aux deux parties.

d) Demander à l'autre ce qu'il voit comme solution

La formulation du résultat attendu devrait se faire en collaboration. Si vous avez une idée, vous pouvez en parler et demander à l'autre son avis. S'il ne croit pas que ce soit une bonne idée, vous pouvez discuter ensemble d'une autre solution.

e) Suivre la situation

Si vous constatez des changements chez la personne concernée, faites-lui la remarque et démontrez-lui que vous appréciez ce qu'elle fait comme effort.

 

EN CONCLUSION

Malgré les meilleures intentions, il arrive que les émotions prennent le dessus et que les mots dépassent la pensée. Cependant, il y a toujours moyen de réparer les « pots cassés ». Si vous ratez votre critique, il est alors bon de prendre un temps de recul pour évaluer ce qui s'est passé. Si vous êtes trop pris par la situation pour y voir clair, l'avis de quelqu'un en qui vous avez confiance peut être utile pour essayer d'identifier ce qui a été problématique.

Puis, lorsque vous vous sentirez davantage en contrôle, vous pourrez retourner voir la personne. Demandez-lui pour reprendre la discussion plus calmement et reconnaissez vos torts. La personne sera alors définitivement plus réceptive que si vous faites comme si rien ne s'était passé.

 

SUGGESTIONS DE LECTURE

Jérôme. (2001). Comment critiquer pour construire. Ed. Logiques.

Weisinger, H. (2000). L'art de la critique constructive. Ed. Transcontinental Inc.

 

Dominique Champoux, psychologue

0 commentaire