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Prendre soin d'un proche

Concilitation Enfants
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De façon graduelle ou parfois subite, des circonstances peuvent faire en sorte qu’on devienne le soutien principal d’un proche (parent, conjoint ou enfant) malade ou en perte d’autonomie. En plus des nombreuses démarches à faire, une multitude de tâches s’ajoutent alors au quotidien : déplacements pour les rendez-vous médicaux, aide aux soins personnels, aide à la gestion des médicaments, aide pour l’alimentation, etc. S’ajoutant aux responsabilités professionnelles et familiales, le fait d’occuper un rôle d’aidant naturel auprès d’un proche peut constituer tout un défi en termes de temps et d’énergie.

 

PRENDRE SOIN D'UN PROCHE MALADE

Occuper le rôle d'aidant auprès d'un proche qui est atteint par la maladie entraîne inévitablement un certain nombre de bouleversements :

  • Ressentir de l'inquiétude, de l'anxiété, de l'impuissance, de la culpabilité et parfois même des moments de désespoir
  • Réagir et être bouleversé face aux symptômes et aux changements physiques et/ou psychologiques qui peuvent survenir en cours de maladie
  • Avoir moins de temps pour soi : vie sociale, travail, projets personnels
  • Vivre un certain niveau de fatigue physique et émotive
  • Être confronté à la douleur de voir un proche affecté par la maladie, faiblir, vivre des incapacités, puis, dans le cas d'une maladie incurable, éventuellement l'accompagner en fin de vie
  • Être confronté à sa propre finitude

 

RECONNAÎTRE LES SIGNES D'ÉPUISEMENT

Lorsque plusieurs des signes suivants sont présents de façon persistante, chez une personne qui occupe un rôle d'aidant naturel auprès d'un proche, cela peut indiquer qu'un état d'épuisement commence à s'installer :

  • Sentiment de tristesse, tendance à pleurer facilement et à être désespéré
  • Difficultés à dormir
  • Difficultés à se concentrer
  • Fatigue et difficultés à accomplir les tâches quotidiennes
  • Sentiment d'anxiété face à l'avenir
  • Sentiment d'impuissance et de perte de contrôle
  • Sentiment de colère ou de ressentiment
  • Perte de contact avec ses proches et ami(e)s
  • Abandon de plusieurs activités
  • Refus de reconnaître l'état de santé réel de son proche
  • Refus de demander de l'aide
  • etc.

 

STRATÉGIES POUR AIDER SANS S'ÉPUISER

Voici quelques moyens qui peuvent faire une différence :

  • Se renseigner sur la nature de la maladie dont votre proche est atteint afin de savoir à quoi vous attendre au fur et à mesure que la maladie évolue.
  • S'informer sur les ressources et services d'aide existants, puis faire des démarches pour d'obtenir du soutien.
  • Accepter les propositions d'aide de la part de vos proches (famille, amis, etc.) et des services hospitaliers ou sociaux, etc.
  • Se réserver des moments de repos et de répit afin de refaire le plein d'énergie.
  • Essayer de se garder du temps pour pratiquer des activités qui ne sont pas associées à ses responsabilités d'aidant et se faire plaisir à soi.
  • Ne pas se laisser envahir par les sentiments de culpabilité, savoir mettre les choses en perspective.
  • Être en relation avec des personnes qui occupent aussi un rôle d'aidant naturel et/ou participer à des groupes de soutien. Cela permet de partager son vécu, ainsi que partager des renseignements utiles concernant des ressources d'aide et des suggestions pratiques et solutions à des problèmes rencontrés, puis de se sentir moins isolé.
  • Savoir dire 'non' à certaines demandes qui ne vous conviennent pas.
  • S'occuper activement de sa santé, car pour être en mesure de prendre soin des autres, il faut d'abord prendre soin de soi-même : bien s'alimenter, dormir suffisamment, faire de l'exercice, gérer son stress efficacement, etc.
  • Parler, s'exprimer et se confier, à propos de ce que vous vivez, à une personne en qui vous avez confiance et qui peut vous soutenir.
  • Consulter, au besoin, un professionnel : médecin, psychologue, travailleur social, personnel infirmier, etc.
  • Reconnaître ses limites en tant qu'aidant et les accepter.
  • Planifier l'avenir en tenant compte de ses ressources émotionnelles, sa situation financière et les ressources disponibles dans le milieu.

 

ET LE POSITIF DANS TOUT CELA ...

Bien que cette expérience puisse être difficile en certains moments, plusieurs personnes rapportent que le rôle d'aidant naturel a été une expérience positive dans leur vie dans le sens où cela a été l'occasion :

  • d'établir une nouvelle relation avec la personne dont on prend soin
  • de développer, en tant qu'aidant, de nouvelles habiletés et connaissances
  • de revoir leurs valeurs et priorités
  • de développer une vision différente de la vie qui tient davantage compte de son caractère précieux et fragile, lequel est souvent mis en lumière dans le contexte où la maladie touche une personne de notre entourage

 

EN CONCLUSION

Il est important de reconnaître que vous aurez besoin de soutien à un moment ou à un autre et de ne pas hésiter à demander de l'aide avant d'être épuisé.

De plus, rappelez-vous que le fait de partager vos responsabilités d'aidant avec d'autres (famille ou services d'aide) vous permettra de garder la situation ainsi que vous-même en équilibre, tout en vous permettant de vous acquitter de toutes vos responsabilités (rôle d'aidant et autres) plus efficacement et à plus long terme.

 

Dominique Champoux, psychologue      

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