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Soutenir un proche atteint d’une maladie grave

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Qu’il s’agisse d’un cancer, d’une maladie dégénérative ou autre, la maladie amène un lot de bouleversements et des sensibilités accrues autant chez la personne atteinte que dans son entourage. Très souvent, les proches ont une grande volonté d’aider et veulent bien faire les choses, mais il arrive aussi qu’ils se placent dans des situations délicates malgré leurs bonnes intentions.

 

Des bouleversements inévitables

Lorsqu'un proche (parent, frère, sœur, collègue...) est atteint par la maladie, il est normal et presque inévitable d'être bouleversé. L'intensité de nos réactions face à la maladie de l'autre dépendra de notre degré de proximité avec la personne. Les réactions suivantes sont fréquentes :

  • Ressentir de l'inquiétude, de l'anxiété, de la peur et de l'impuissance.
  • Être troublé face aux symptômes et aux changements physiques et psychologiques qui peuvent survenir chez la personne durant sa maladie.
  • Éprouver de la tristesse et parfois même des moments de désespoir en raison de la douleur de voir un proche affecté par la maladie, faiblir et vivre certaines incapacités.
  • Être confronté à sa propre finitude devant la possibilité de mort lorsque la maladie s'avère incurable. 
  • etc.

 

Le vécu changeant des personnes atteintes

Les inquiétudes et les préoccupations des personnes malades varient en fonction de l'étape où elles se trouvent. Par exemple, suite à l'annonce du diagnostic, les gens sont souvent en état de choc et de négation. Pour plusieurs, le diagnostic est comme un coup sur la tête, c'est brutal. Souvent, les gens n'y croient pas. C'est impossible, pas eux, pas maintenant ! Par la suite, au cours des traitements, la peur de l'inconnu et l'anxiété peuvent prendre beaucoup de place.

D'autres facteurs tels la douleur physique ressentie, l'attente de résultats, la perspective d'une chirurgie à venir, influencent aussi les perceptions et attitudes de la personne.

 

La difficulté à trouver les bons mots

Face à la maladie, il est normal de se sentir pris au dépourvu et de ne pas toujours savoir quoi dire. Si, en certaines circonstances, on ne sait pas quoi dire, il est bon de savoir qu'il est parfois préférable de ne rien dire, mais simplement de faire sentir son soutien par un regard compatissant ou une tape sur l'épaule. Même dites avec de bonnes intentions, des phrases telles que : « Ne t'en fais pas, tout va bien aller ! » ou « Ne dis pas ça, tu t'inquiètes trop ! » peuvent donner l'impression à la personne malade qu'on ne la comprend pas et qu'on cherche à minimiser ce qu'elle vit.

 

Les attitudes à favoriser

Il n'existe pas de phrases toutes faites qui peuvent convenir à toutes les circonstances et à toutes les personnes. Cependant, les attitudes suivantes peuvent démontrer votre soutien à la personne :

  • Indiquer à la personne que vous êtes là si elle a besoin de parler. Ainsi, vous respectez son autonomie et son rythme. Certains sujets peuvent être difficiles à aborder surtout lorsque les émotions sont à fleur de peau. Il est bon de se rendre disponible à l'autre en lui indiquant qu'il n'a qu'à vous faire signe.
  • Selon votre degré de proximité avec la personne, vous pouvez refléter ce que vous observez : « Tu sembles triste / songeur / fatigué ? », « Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ? », etc. Puis écouter et laisser l'autre s'exprimer. Lorsque vous sentez qu'il est pertinent de le faire, vous pouvez aussi partager ce que vous vivez et vos inquiétudes.
  • Écouter en silence et accepter les silences. La présence silencieuse, ouverte et sincère peut faire un grand bien.
  • Respecter les besoins, les limites et le territoire de l'autre. Lui demander son avis et aller chercher son opinion : « Qu'est-ce que tu penses de ... ? », « Qu'est-ce que tu veux faire, toi ? », etc.
  • Respecter les capacités de la personne même si celles-ci sont amoindries et vous paraissent inexistantes. Oui, la personne a besoin de repos. Toutefois, il arrive aussi qu'elle ait envie de faire des choses et qu'elle prenne certaines initiatives. Il est alors bon de la laisser faire ce qu'elle est capable de faire. Bref, il s'agit de ne pas avoir de comportements infantilisants envers la personne.
  • Encourager la personne lorsque son moral est bas en essayant de garder le cap sur des aspects positifs. Il s'agit de trouver le bon dosage entre être empathique à la souffrance de la personne et attirer son attention sur des éléments positifs. Cet équilibre peut être difficile à trouver même pour les personnes les plus proches.

 

En conclusion

Bien que cette expérience puisse être difficile, plusieurs personnes rapportent que soutenir un proche a été une expérience positive, que cela a été l'occasion d'établir une nouvelle relation avec la personne et de développer une nouvelle vision de la vie qui tient davantage compte de son caractère précieux et fragile.

Enfin, n'hésitez pas à communiquer avec votre programme d'aide aux employés si vous avez besoin d'aller plus loin sur le sujet.

 

Louise B. Vincent, Coach, BA psych

Madame Vincent donne des conférences et des formations sur des thèmes comme la gestion du stress, l'équilibre de vie, le deuil pour le personnel soignant, etc.


Dominique Champoux, psychologue

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