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Les adolescents, la drogue et nous

Concilitation Enfants
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Le besoin à l’adolescence de s’affirmer, de faire des découvertes et de vivre ses propres expériences peut-il conduire à développer une conduite problématique face à l’alcool, la drogue, et/ou les jeux de hasard et d’argent ? Est-il possible de faire de la prévention et quelle est le comportement souhaitable des parents face à un enfant qui semblerait éprouver ce genre de problèmes ?

Les mots « drogue » ou « substance psycho active » (SPA) désignent tout produit absorbé par l'organisme qui en modifie l'humeur et le comportement. Certaines drogues comme l'alcool, ou certains médicaments, calment. D'autres, comme la cocaïne, excitent. Certains comme le cannabis et ses dérivés (marijuana, haschich, etc.), et les hallucinogènes, modifient les perceptions.

 

Quelques signes et symptômes pouvant être reliés à une dépendance

La dépendance est d'abord un phénomène multifactoriel; le déclenchement du cycle de la dépendance est principalement lié au motif sous-jacent à l'activité. Le problème ne se retrouve pas dans le verre d'alcool, dans la cigarette de « pot » ou dans les jeux vidéo mais bien à l'intérieur de celui qui en abuse. Si le motif premier est le plaisir, les prédispositions à développer la dépendance sont probablement faibles comparativement à une consommation ou à une participation aux jeux de hasard et d'argent (JHA) motivées par la fuite systématique d'un problème ou d'une émotion difficile. « En fait, c'est dans la relation individu-activité-contexte que se développe la dépendance et non dans l'activité en soi » (Suissa, 2001).

 

Quelques statistiques

Selon l'enquête québécoise de Santé et Bien-être de 2006 sur l'alcool, la drogue et le jeu, l'âge moyen déclaré par les élèves du secondaire pour l'initiation à la consommation d'alcool est de 12,6 ans, de 13,2 pour celle des drogues et de 11,1 pour les jeux de hasard et d'argent. La grande majorité des élèves du secondaire, soit près de 9 élèves sur 10 (87%) n'ont pas de problèmes de consommation de SPA. Cependant, 7% de ces jeunes présentent des problèmes émergents dans ces domaines pour lesquels une intervention de première ligne est souhaitable (information, discussion, intervention brève). 6% d'entre eux ont des problèmes importants pour lesquels une intervention professionnelle est suggérée (évaluation de la gravité de la toxicomanie, référence et démarche plus intensive). En 2006, environ 3,8% des élèves du secondaire étaient à risque de développer un problème de dépendance au jeu et approximativement 2,1% d'entre eux étaient considérés comme des joueurs pathologiques probables. Il convient de noter que le taux de prévalence du jeu problématique est plus élevé chez les adolescents que chez les adultes.

 

Les facteurs de risque

  • Disponibilité de l'alcool, des drogues et des jeux de hasard et d'argent.
  • Curiosité naturelle chez l'adolescent.
  • Désir de manifester son opposition à l'autorité des adultes.
  • Âge du début de la consommation ou de la participation aux JHA.
  • État dépressif et anxieux.
  • Facteurs génétiques et environnementaux.

Certains spécialistes estiment que les problèmes de santé mentale constituent aussi un facteur de risque parce que l'usage de SPA peut servir à des fins d'automédication ou comme stratégie d'adaptation. Il est parfois difficile de diagnostiquer si la consommation a engendré les problèmes de santé mentale ou si c'est l'inverse qui s'est produit.

 

Quelques indices à surveiller

Voici quelques indices qui se retrouvent fréquemment lorsqu'un adolescent développe une relation problématique avec l'alcool, les drogues, les jeux de hasard et d'argent :

  • Changement de comportement, de personnalité : sautes d'humeur inexpliquées, dépression, anxiété, indifférence, manque d'énergie, nouveaux amis qu'il ne tient pas à vous présenter.
  • Symptômes physiques : paupières tombantes, yeux rougis, pupilles dilatées ou contractées, modification des habitudes de sommeil, modifications soudaines de l'appétit.
  • Indices : goutte pour les yeux, cigarettes roulées, encens ou désodorisants, pipes ou accessoires de pipe, capsules ou comprimés d'origine douteuse, boites pour camouflage (ex : canettes de boisson gazeuse qui se dévissent par le bas).
  • Baisse de rendement scolaire.
  • Perte d'intérêt pour les activités habituelles.

 

Les attitudes préventives à favoriser au sein de la famille

  • Valoriser, encourager, rassurer l'adolescent sur l'amour qu'on a pour lui.
  • Faire les efforts nécessaires pour garder la communication avec lui. Si la communication s'est dégradée, il est fondamental de tout faire pour la rétablir.
  • S'informer sur les drogues et la toxicomanie pour pouvoir en parler avec lui sans idées fausses et préconçues, sans minimiser le problème mais sans exagérer ou dramatiser.
  • Poser des limites claires et explicites.
  • Se rappeler que l'exemple des parents joue un rôle important.


Les pièges à éviter pour les parents

Il ne faut pas :

  • Devenir « facilitateur » : en le couvrant et réparant les erreurs dues à ses excès.
  • Vivre de la culpabilité : cela nuit à l'aide que vous voulez lui apporter.
  • Prendre la responsabilité du succès de la démarche : vous ne pouvez que le supporter dans les démarches que lui décidera d'entreprendre.
  • Paniquer : aller plutôt chercher de l'information ou de l'aide si vous en avez besoin.

Rappelons-nous que si notre adolescent arrive à surmonter ses problèmes, il y gagnera en maturité et sera mieux outillé pour réussir sa vie.


Denise Dubreuil, Conseillère en toxicomanies 


Pour en savoir plus :

Centre québécois de lutte aux dépendances www.cqld.ca

Ministère de la santé et des services sociaux www.dependances.gouv.qc.ca 

Santé Canada www.hc-sc.gc.ca

Organismes d'aide et de références :

Drogues : (514) 527-2626 ou 1 800 263-2626

Jeux : (514) 527-0140 ou 1 800 461-0140

Tel-jeunes : (514) 288-2266 ou 1 800 261-2266

Les mouvements d'entraide A.A. (Alcooliques Anonymes), N.A. (Narcomanes Anonymes) et C.A. (Cocaïnomanes Anonymes) peuvent aussi vous guider.

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