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Les neufs étapes d'un bon mariage

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Bien que les chercheurs et les cliniciens aient déterminé les facteurs qui contribuent à l’échec d’un mariage, ils ont consacré peu de temps aux secrets d’une union harmonieuse. Cette concentration sur les causes pathologiques crée « de graves lacunes à l’égard de nos connaissances sur la famille », affirme la psychologue Judith S. Wallerstein, Ph. D., qui a mené des études approfondies auprès de cinquante couples mariés depuis longtemps.

 

Selon madame Wallerstein, coauteure du nouveau livre The Good Marriage : How and Why Love Lasts (Houghton Mifflin), neuf étapes psychologiques déterminent la réussite d'un mariage.

« Suivre ces étapes avec soin et y recourir de nouveau au besoin, selon l'évolution des époux et des circonstances, favorise l'harmonie du mariage », affirme madame Wallerstein. Si ces étapes sont prises à la légère ou suivies de façon trop rigide, le mariage présentera des faiblesses qui le rendront vulnérable face aux inévitables difficultés de la vie.

 

Dans le cadre de ses recherches, madame Wallerstein a noté les neuf étapes psychologiques suivantes auprès de couples heureux :

1. Se séparer affectivement de la famille de son enfance

Cette étape permet aux époux de s'investir entièrement dans le mariage et de redéfinir le lien qui les unis à leur famille d'origine. Selon madame Wallerstein, « la détermination de l'identité psychologique du mariage en tant qu'entité sécurisante incarnant un "nous" intégré au lieu de deux "moi" distincts est une étape de développement critique au début du mariage ».

Cette notion du « nous » a souvent été absente ou peu importante dans les mariages qui se sont terminés par un divorce, surtout chez les jeunes couples qui ont divorcé très tôt. Par contraste, les couples heureux estiment que le mariage est une entité distincte et s'efforcent de prévoir les effets du changement, par exemple la naissance d'un enfant ou un déménagement, sur leur bonheur et leur mariage.

 

2. Miser sur l'union

Les couples que madame Wallerstein a interrogés fondent leur mariage sur l'identification mutuelle, une intimité partagée et une conscience élargie intégrant les deux époux, sans toutefois nuire à l'autonomie de l'un ou de l'autre. Cette étape demande aux jeunes adultes de modifier leur identité « égocentrique », mais diffère de l'investissement en l'autre nécessitant le sacrifice de soi-même, autrefois exigé des femmes après le mariage.

Ces ajustements se font peu à peu au cours des premières années du mariage.

« Chacun combat le compromis, le partage et la limitation de sa liberté, déclare madame Wallerstein. Il y a toujours un risque que les exigences de l'âge adulte se heurtent aux désirs de l'autre ».

« Toutefois, la détermination de l'identité du mariage ne constitue que la moitié de l'effort. Les couples doivent s'inventer une autonomie qui respecte la notion de partage du mariage. Le couple doit faire preuve de souplesse pour permettre l'expression des besoins de chaque personne et du couple. Tel un instrument de musique, le mariage doit être constamment "accordé" pour incorporer les variations complexes qui maintiennent l'harmonie entre l'unité et l'autonomie. ».

 

3. Favoriser une vie sexuelle enrichissante

Les études de madame Wallerstein sur le divorce et le mariage révèlent que la vie sexuelle d'un couple est l'élément le plus vulnérable de la relation. Le stress au travail, les exigences des enfants, les soucis, la dépression et la fatigue peuvent interrompre la vie sexuelle d'un couple. 

Presque tous les couples qui ont réussi leur mariage consacrent beaucoup d'efforts à protéger leurs moments intimes.

« Une vie sexuelle enrichissante sur le plan affectif n'est pas un luxe », ajoute madame Wallerstein. Il s'agit d'un facteur de protection essentiel car elle justifie les nombreux sacrifices consentis pour maintenir la solidité des liens matrimoniaux.

Contrairement à la croyance populaire, madame Wallerstein n'a pas noté que les relations sexuelles sont plus fréquentes ou plus passionnées au cours des premières années pour ensuite diminuer progressivement. Dans certains cas, les relations sexuelles ont très peu varié au cours d'une période de plusieurs décennies. Dans d'autres cas, la fréquence de l'activité sexuelle a été élevée au début du mariage et pendant la grossesse, a diminué considérablement pendant la prime jeunesse des enfants, puis a augmenté de nouveau après le départ de ceux-ci. Tous les couples retraités avaient une vie sexuelle régulière.

 

4. Assumer le rôle de parent

L'arrivée d'un enfant est une étape critique pour les nouveaux parents. Madame Wallerstein a indiqué qu'elle se consacre à l'étude des couples ayant des enfants parce que toute son expérience professionnelle porte sur les familles, et non parce qu'elle estime que les couples sans enfant ne peuvent être heureux.

 

5. Maintenir la force du lien matrimonial malgré les difficultés

Selon l'étude de madame Wallerstein, même les mariages heureux et durables peuvent connaître des problèmes. Toutefois, un couple dont l'union repose sur des liens solides et affectueux est plus en mesure de traverser avec succès les crises inévitables de la vie.

 

6. Créer un climat de confiance favorisant l'expression des différences

Madame Wallerstein, qui estime qu'un mariage sans conflit est une contradiction en soi, affirme que même les compromis et une excellente communication ne peuvent empêcher les parties de s'affronter de temps à autre.

« L'homme et la femme mariés bénéficiant de droits égaux, il est impossible d'éviter les désaccords à cet égard, les couples heureux et malheureux, doivent faire face aux mêmes problèmes ».

Les couples qui ont participé à l'étude ont avoué avoir eu des disputes orageuses. Toutefois, ils ont affirmé qu'apprendre à être en désaccord sans craindre de graves répercussions est important pour la stabilité de l'union.

« Un mariage harmonieux se fortifie s'il permet la libre expression et sait contenir les agressions sans nuire aux époux ou à la relation. Pour un nombre important de couples, un mariage qui favorise l'expression de l'amour ou de la colère en toute confiance est très enrichissant. ».

 

7. Faire appel à l'humour et au rire pour éviter l'exagération


 

8. Offrir sécurité, réconfort et soutien à l'autre

Bien que le mariage idéal protège l'autonomie des deux époux, il doit également satisfaire le besoin de confiance mutuelle. Le mari et la femme doivent continuellement s'encourager et se soutenir.

 

9. Entretenir la flamme

La dernière étape consiste à se rappeler les sentiments romantiques et idéalistes des premières rencontres. Comme les autres étapes, il s'agit d'un processus continu.

« C'est sans doute l'étape la plus liée au maintien des liens amoureux », ajoute madame Wallerstein. « Mes recherches ont révélé que ces sentiments peuvent demeurer passionnés et intenses après de nombreuses années de mariage, même pendant la vieillesse ».

Toutefois, madame Wallerstein prévient que l'idéalisation sans une touche de réalisme peut mener à l'adoration que l'on éprouve pour un héros ou une héroïne, au détriment du respect mutuel et de sentiments vrais et sincères.

 

Ce bulletin est préparé par le réseau Services à la famille Canada.

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