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La résilience : outillez vos enfants pour leur futur rôle d'adulte

Concilitation Enfants
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Notre qualité de vie adulte dépend en grande partie de ce que nous avons développé comme ressources personnelles au cours des expériences vécues. Que ce soit au travail ou dans notre vie personnelle, notre façon de réagir au stress et de s’adapter positivement aux changements est conséquente des outils acquis en cours de développement. A cet effet, on dit de quelqu’un qui a de bonnes capacités de s’adapter aux situations génératrices de stress et aux changements, qu’il a développé de la résilience. Bien que nous ayons toute une vie pour développer différents aspects de nous-mêmes, il n’en reste pas moins que l’enfance est une période privilégiée pour acquérir plusieurs outils. Comme parents, nous avons donc un rôle important dans le développement de la résilience chez nos enfants. Notre attitude peut faire toute une différence.


Éviter la surprotection physique et psychologique

Qu'elle soit physique ou psychologique, la surprotection d'un enfant diminue ses chances de développer ses propres moyens de faire face à ses expériences. Tout comme le système immunitaire a besoin d'être confronté à l'environnement pour se renforcer, le système cognitif a besoin de s'entraîner dans la réalité pour développer sa capacité à gérer le stress ainsi que sa capacité à s'adapter au changement.

En tant que parent, nous souhaitons protéger nos enfants de tout dommage qui peut leur être causé. Cela est normal et sain. Toutefois, il faut faire la distinction entre protéger et surprotéger. Protéger, c'est tenir nos enfants hors d'un danger réel. Surprotéger, c'est tenter de garder nos enfants à l'écart de toutes difficultés susceptibles de se présenter. La surprotection découle souvent de nos propres peurs et de nos propres besoins adultes. Il est donc important de se questionner sur l'attitude qu'on adopte vis-à-vis nos enfants. Par exemple :

  • Votre enfant a un échec scolaire, vous sursautez et appelez immédiatement son professeur pour avoir des explications, est-ce de la protection ou de la surprotection ? N'y aurait-il pas lieu d'abord de vous asseoir avec votre enfant et d'avoir sa version des faits ?
  • Plutôt que de lui expliquer un conflit familial dont il a conscience de toute façon, vous faites fi de toute cette situation vis-à-vis lui. Êtes-vous en train de le protéger ou au contraire de le priver d'une occasion de préciser ses craintes et ses besoins ?

Qu'apprendra votre enfant de ces situations s'il n'est pas impliqué ?

Il est important d'accompagner l'enfant dans ce qu'il vit mais il est tout aussi important d'éviter d'inhiber toutes les difficultés qui peuvent être présentes dans son contexte de vie.


Encadrer sans étouffer

Devant une difficulté que vit votre enfant, il est important de le laisser sentir que vous êtes là et de lui offrir de l'écoute lorsqu'il parle de ses difficultés. Toutefois, il est bon de l'encourager à trouver lui-même ses propres solutions. Vous pouvez, bien entendu, discuter des solutions qu'il envisage mais il doit sentir qu'il est capable d'avoir un pouvoir personnel sur la situation donnée. Il est important aussi de renforcer les décisions qu'il prend en vous arrêtant avec lui pour regarder les conséquences positives et plus néfastes des actions qu'il a posées ou compte poser.

S'il ne semble pas croire qu'il a du pouvoir sur la situation, ne le laissez pas s'enliser dans une position de victime. Écoutez ses difficultés vis-à-vis cette situation et voyez avec lui comment il peut se donner des moyens pour que ce soit plus tolérable. Ne lui imposez pas ce que vous voyez vous-mêmes comme solution mais laissez-le réfléchir à ses propres solutions. Comparez cette situation avec une autre qu'il a réussi à surmonter et voyez alors avec lui ce qu'il avait trouvé comme solutions.


Ne pas encourager la fuite des difficultés

Une difficulté à laquelle on refuse de faire face ne s'en ira pas d'elle-même. Même si le contexte peut changer avec le temps et transformer la situation, le malaise personnel qui s'était installé peut rester présent très longtemps. N'encouragez donc pas la fuite. Si, par exemple, votre enfant ne veut plus aller à son cours de natation, demandez-lui la raison. Vous vous apercevrez bien souvent qu'il a peut-être un conflit avec un petit copain ou encore qu'il n'arrive pas à faire un certain mouvement, etc. Si la natation est un intérêt qu'il entretient depuis un bon moment, il serait surprenant qu'il le perde subitement. Ce sera souvent une difficulté sous-jacente qui l'incitera à abandonner. Et même s'il choisit le karaté en échange de la natation, il conservera l'impression de ne pas être à la hauteur face à la difficulté qu'il a rencontrée.


Se questionner mais ne pas se culpabiliser

En tant que parents, notre attitude est fortement dépendante de ce qu'on a développé soi-même comme outils. Même si on peut rationnellement savoir quoi faire, il n'en demeure pas moins que, dans la réalité de tous les jours, beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte dans nos actions et réactions. Se culpabiliser et viser la perfection ajoutent aux soucis quotidiens et n'aident personne. Se questionner de temps en temps sur notre attitude et reconnaître nos forces et limites personnelles sont les seules attentes qu'on puisse avoir vis-à-vis de soi et qui, du même coup, donnent le meilleur exemple à nos enfants.


France Boucher, Psychologue

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