Commentaires 0 Favoris 0

Gérer son anxiété en contexte d'incertitude

Équilibre Accomplissement personnel Capacité d'aimer la vie Résilience Souplesse Stress
Partager la ressource

Nous sommes soumis à de nombreuses pressions qui sont sources, pour plusieurs d’entre nous, de tensions et d’inquiétudes. Dans un tel contexte, gérer son anxiété efficacement nécessite de mettre ses énergies là où nous avons du pouvoir.

 

L'incertitude, une composante de la vie

De façon générale, nous aimons avoir le contrôle sur notre vie et sur les événements qui surviennent. Toutefois, tout n'est pas toujours certain et selon les circonstances, on peut tous se retrouver dans des situations où nous manquons de contrôle et ressentons des inquiétudes. L'incertitude n'est pas le propre de notre époque. De tout temps, des bouleversements ont créé de l'incertitude. Cependant, aujourd'hui, l'insécurité et l'incertitude sont très médiatisées et plusieurs personnes ont l'impression de vivre dans une époque où cela prend davantage de place dans leur vie. L'incertitude peut être dérangeante et difficile à supporter, car elle créé de l'anxiété, laquelle peut nous paralyser dans nos actions.

 

Le rôle de l'anxiété

L'anxiété est une réaction émotive naturelle qui se manifeste habituellement lorsqu'on est inquiet (perdre son emploi, avoir des problèmes financiers...). En fait, l'anxiété est liée à l'anticipation d'éventualités négatives. Le rôle de l'anxiété est de nous amener à nous questionner sur la source d'un dérangement et nous motiver à trouver des moyens d'y faire face. Dans la mesure où son intensité est tolérable, l'anxiété nous permet de mobiliser notre énergie pour faire face à la situation. Par la suite, l'anxiété se dissipe progressivement au fur et à mesure que l'on s'adapte aux aspects de notre vie qui nous inquiétaient.

 

Les premiers signes

En raison de notre rythme de vie effréné, il arrive que l'on ne s'aperçoive pas de certains changements par rapport à notre état habituel (difficultés à s'endormir, maux de tête, problèmes de digestion, palpitations, difficultés à se concentrer, etc.).

Il est important de s'arrêter à de tels signes dès leur apparition. Ces malaises sont des signaux d'alarme que l'on doit percevoir comme l'occasion de faire des réajustements dans notre vie.

Plus rapidement on identifiera ce qui nous inquiète, plus rapidement nous trouverons les moyens d'y faire face et de diminuer l'anxiété.

 

Stratégies à mettre de l'avant

Voici ce qu'il est important de faire pour gérer son anxiété face à l'incertitude :

  

1. Prendre conscience de son niveau d'anxiété et préciser son malaise.

  • À quel point suis-je anxieux/anxieuse ?
  • Est-ce une anxiété "ordinaire" (comme j'en ai déjà vécu) ou s'agit-il d'une anxiété "disproportionnée" (qui créé une souffrance, qui dure depuis longtemps et qui affecte mon fonctionnement) ?

 

2. Identifier les événements ou aspects de sa vie qui sont sources d'anxiété.

L'anxiété est générée par des inquiétudes concernant des éventualités négatives. Il s'agit d'identifier les sources de son anxiété ainsi que les faits qui alimentent cette crainte.

 

3. Prendre conscience de son discours intérieur, relativiser et dédramatiser.

Il s'agit d'identifier les scénarios qu'on se crée et qu'on entretient par rapport à notre vie. Nous avons tous le pouvoir de créer des scénarios dramatiques ou des scénarios positifs. Lorsque nous sommes fatigués ou stressés, il devient facile de créer des scénarios catastrophiques qui ne sont pas toujours conformes à la réalité.

Lorsque l'on a identifié ce que l'on craint, il est pertinent de s'interroger sur le réalisme de cette crainte par rapport à la réalité et d'introduire un doute dans nos inquiétudes :

  • S'agit-il d'une hypothèse ou d'une certitude ?
  • Est-il possible que les choses se déroulent autrement ?

Il est aussi utile d'apporter des nuances et de penser à ce que l'on pourrait faire advenant le cas où le pire surviendrait :

  • Se pourrait-il que la situation ne soit pas si dramatique ?
  • Si le pire scénario survenait, quels seraient les impacts pour moi et est-ce que ceux-ci pourraient être tolérables ?
  • Comment je réagirais, qu'est-ce que je ferais, quelles ressources pourraient m'aider ?

Cet exercice permet de dédramatiser la situation et de la remettre dans son contexte.

 

4. Agir là où l'on a du pouvoir.

Une fois que l'on a remis l'élément dérangeant dans son contexte réel, il faut se demander ce que l'on peut faire par rapport à cette situation. Il faut distinguer les situations sur lesquelles on a du contrôle (ce qui peut être changé) de celles qui sont hors de notre contrôle (ce qui ne peut être changé). Puis, mettre son énergie là où nous avons du pouvoir et trouver des moyens et des ressources qui peuvent nous aider.

Par exemple, si j'ai des inquiétudes financières, je peux reporter un achat, remettre à plus tard un voyage, acheter moins à crédit... Si j'ai subi des pertes financières réelles à cause des mouvements des marchés boursiers, je peux consulter un professionnel en finance pour m'aider à cerner les conséquences, adapter mon budget et réviser mes projets.

 

5. Changer son attitude face à ce qui est hors de notre contrôle.  

Apprendre à gérer nos perceptions permet d'augmenter notre sentiment de pouvoir personnel et notre confiance en nos capacités. Il est important de pouvoir prendre du recul et de modifier sa façon de voir les situations : ce qui compte n'est pas tant la situation elle-même, mais l'idée que l'on s'en fait.

Finalement, il convient de savoir lâcher prise sur ce qui ne peut être changé.

 

En conclusion

De façon générale, les personnes qui adoptent ces stratégies perdent moins d'énergie là où cela n'en vaut pas la peine, se sentent plus calmes et sentent qu'elles ont davantage de maîtrise sur leur vie.

Toutefois, si malgré vos efforts pour gérer votre anxiété vous continuez à ressentir une anxiété persistante, n'hésitez pas à en parler à un professionnel via Mon Allié Santé. Cette aide vous permettra de comprendre ce qui génère votre anxiété et de développer des habiletés pour mieux la gérer.

 

Dominique Champoux, psychologue

0 commentaire